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  • Comme figée par le temps, je ne remue plus un doigt, plus de tic d’horloge, plus un souffle.
  • L’auteur est l’homme de lettre qui, par la force et la beauté des mots, étend sur papier les ressentiments du monde, qui ouvre les portes vers un champ immense à ensemencer de toutes les petites parcelles de soi.
  • Je suis tempête.

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Comme figée par le temps, je ne remue plus un doigt, plus de tic d'horloge, plus un souffle.

Nous sommes aujourd'hui, une petite partie du temps qui s'émiette derrière nous. Le sablier continue de déverser ses larmes d'or, si triste de voir la vie passée devant ses yeux, alors qu'il n'est qu'une prison de verre, condamné à contempler. Moi, je ne fais que rester assise, sur le seuil de l'éternité, je la regarde, là-devant, mais je n'en prends pas une bouffée, je ne lui souris pas. Je m'agrippe au fer froid et blanc de la chaise sur laquelle je suis, au milieu d'un magnifique jardin aux couleurs et aux parfums merveilleux, presque extatiques, et je ne réfléchis plus. J'ai le regard glacé, plus froid encore que le sang qui se crispe dans mes veines, plus noir encore que le fond d'un puits oublié, au creux de la terre. Dans ma tête, chaque battement de mon c½ur résonne, mon cerveau se tord et faibli, mes pensées se noircissent, l'encre sombre de mon regard déteignant sur chacune de mes cellules. Je ne vois plus qu'en noir et blanc, plus un rayon de soleil n'est assez fort pour faire briller les couleurs et les conduire jusqu'à moi.  Au-dessus de ma tête s'élèvent les nuages, sur mon visage s'acharne la pluie torrentielle, coulant de mes yeux à mon menton, jusqu'à chuter à mes pieds et noyer mon âme, la neige tombe en rafale, me rendant toujours plus froide, sans vie, et les nuages gris bloque toute source de lumière et de chaleur pouvant me décrisper.
 
 
Et pourtant. Je suis pleinement consciente de mon désir de me redresser, de respirer la pureté de l'oxygène, d'admirer la beauté du monde, de profiter de l'étreinte du soleil sur ma peau fragile, de faire avancer mes membres frêles, qui me conduiront là où je dois aller. Mais jamais je n'ai su, et il m'apparait que jamais je ne saurai, quelle est la vibration qu'attend tant mon c½ur, car tout ce qui a jamais su le faire vibrer, semble s'étendre et disparaître à l'horizon, hors d'atteinte, car je vois le monde défiler mais je n'arriver pas à bouger pour le rattraper, et tout me semble si loin, trop loin. Même mon c½ur ne bat plus que pour me maintenir assise plutôt que de m'abandonner à un corps chancelant s'écroulant sur la tuile encore plus froide que mon âme.
 
 
 
                        Comme figée par le temps, je ne remue plus un doigt, plus de tic d’horloge, plus un souffle.
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#Posté le samedi 11 juin 2011 13:20

L'auteur est l'homme de lettre qui, par la force et la beauté des mots, étend sur papier les ressentiments du monde, qui ouvre les portes vers un champ immense à ensemencer de toutes les petites parcelles de soi.

                          L’auteur est l’homme de lettre qui, par la force et la beauté des mots, étend sur papier les ressentiments du monde, qui ouvre les portes vers un champ immense à ensemencer de toutes les petites parcelles de soi.
 
« Quoique paysan et simple laboureur, Germain s'était rendu compte de ses devoirs et de ses affections. Il me les avait racontés naïvement, clairement, et je l'avais écouté avec intérêt.
  
Quand je l'eus regardé labourer assez longtemps, je me demandai pourquoi son histoire n'était pas écrite, quoique ce fût une histoire aussi simple, aussi droite et aussi peu ornée que le sillon qu'il traçait avec sa charrue.
 
L'année prochaine, ce sillon sera comblé et couvert par un sillon nouveau. Ainsi s'imprime et disparaît la trace de la plupart des hommes dans le champ de l'humanité. Un peu de terre l'efface, et les sillons que nous avons creusés se succèdent les uns aux autres comme les tombes dans le cimetière. »                                                                George Sand- La mare au diable p.19-20
 
 
 
 -------
 
 
Dans ces simples mots, on comprend tout de la force de l'âme, allant de l'imagerie colorée que quelques lettres enlignées peuvent prodiguer à l'étendue de notre esprit, mais également par la force de caractère et d'opinion que nous apporte quelques lignes.
 
Dans notre inconscient, nous jugeons constamment et à notre façon, les mots que nous lisons, les images que nous en voyons, la projection vers le futur que nous comprenons! C'est parce que nous n'en sommes pas conscients que nous avons tendance à oublier l'importance et la beauté des mots. C'est le devoir des hommes de lettres d'ouvrir sur toute leur largeur les portes de l'âme du monde, d'en montrer le moindre feuillage, d'en déterrer les racines, d'en faire fleurir les bourgeons et d'en cultiver les sillons. Labourer les terres de l'esprit, d'en exploiter toute la fécondité, afin que le moindre détail puisse fleurir en une grande idée.
 
Dans son ½uvre « La mare au diable » Aurore Dupin, dite George Sand, nous ouvre les yeux sur la rareté et la courte durée de l'existence, elle cultive les idées de l'homme, pour l'amener à choisir le bon sillon et à préférer le bonheur que peut lui prodiguer cette vie, plutôt que de choisir l'aspect morne de la tradition perpétuelle et  inexpliquée. Elle fournit aux lecteurs les clés de la vie, elle leur dit « Tenez! Ouvrez-le, le portique, et assumez pleinement qui vous êtes, ne laissez plus paraître un seul morceau des pages de votre vie, répandez y votre encre. Laissez-voir à tous et à chacun quelle est votre histoire, qu'elle soit courte, longue, ennuyeuse, pétillante ou pleine de querelle, elle est vôtre, celle dont vous serez l'auteur. Ayez, vous aussi, la chance de voir les initiales de votre choix dépeintes sur la couverture rigide d'un ouvrage permanent, le livre de votre c½ur et de votre tête. »
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#Posté le lundi 02 mai 2011 13:01

Modifié le mardi 14 juin 2011 14:19

Je suis tempête.

 Je suis tempête.
 
 
Un aujourd'hui sans lendemain n'existe pas plus qu'un mot sans lettres.
 
 
Il faut peut-être crier son désespoir, du bout de notre souffle, poitrine pointée vers le ciel, les bras s'agitant dans tous les sens, les pieds heurtant tout ce qui les rencontre, mais il faut aussi apprendre à faire avancer notre âme et notre corps dans l'obscurité mystérieuse au devant de nous. Un simple mouvement de coordination des membres inférieurs du corps, dirigés par notre inconscient, comme un automate remplissant sa mission.
 
Le monde est démoli, les débris traînent par-ci, par là, le ciel est couvert, l'air est lourd et humide, l'odeur âpre du sang et du charbon flotte, la terre est vide de présence, le c½ur nous serre, nos os sont dépourvus d'enveloppe quelconque, à découvert sous une fragile pellicule de cellules à demi-mortes  qui formait autre fois notre chair. Personne pour nous tenir la main osseuse et noircie, du charbon travaillé à main nu, un peu bleuie par l'air frais et impur, personne pour nous dire où la clarté de notre c½ur se trouve, et pourtant le monde si vide nous promet que l'on vivra un jour, si on ouvre vraiment les yeux. À tâtons, dans cet environnement insalubre, je me traîne, ma carcasse à demi-rongée par les rats, par l'angoisse, par la faim et par le froid. Mais je sais, droit devant, quelque part, je trouverai la force, le bonheur, l'accomplissement. Je fais confiance en ces disciples d'une divinité qui m'est inconnue, qui me susurrent à l'oreille de sages paroles, qui m'entraînent dans le chemin terreux, sale. À côté de moi, un ange se tient, dressé, l'allure fière. Il contemple l'expression béante sur mon visage encrassé et couvert de larmes séchées, la répugnance se lit sur son visage, à me regarder par terre, dans l'herbe verte, à me traîner tel un  cadavre. Lui seul le sait, ce que je suis en train de faire de moi, à me faire croire que ce monde est laid, vide et presque sans espoir. Il tente de me réconforter par de douces paroles d'abord, de me regarder avec un regard lumineux, les dents blanches bien exposées au gré des vents, pour me montrer ce qu'il perçoit de ses yeux que mon âme bloque avec des ½illères. Voyant mon refus de collaborer, de regarder devant les yeux ouverts, il ne fera que me laisser à ce sort que je mérite, rampant sur le sol à un rythme tout sauf effarant, manger de la terre et des cailloux et voir la vie à travers un épais brouillard.
 
 
Un jour nous devrons tasser ce nuage sombre et ténébreux du revers de la main, comme pour repousser ce souffle de mort qui nous regarde, nous tends la corde pour la rejoindre, afin de refuser de vieillir comme si l'on pourrissait, grugé par les vers et la vie. Les pluies acides qui nous dévorent la chair et les muscles cesseront alors, les roches aux sols qui nous dévorent les os  en les écorchant disparaîtront, nos c½urs s'agiteront, s'égaieront, nos âmes seront purifiées, nos corps jeunes et fiers, solides, la terre humide, froide et ternie de sang se métamorphosera en verdure tapie de jolies pousses colorées, florissantes, et le ciel sera bleue, comme l'eurent été nos membres frêles pris de froid. Cela n'arrivera que si nous laissons nos anges ensoleiller nos c½urs par un rayon de cet astre bouillant et coloré flottant dans un infini parfait qui gravite autour de nous depuis toujours.
 
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#Posté le dimanche 13 mars 2011 21:18

Je t'aime.

 Je t'aime.
 
 
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Je t'aime. Trois petits mots qui peuvent sembler bien simples, mais qui pourtant, sont plus lourds de signification que tous les autres. On dit bien souvent qu'une image vaut mille mots, que les mots sont un voyage, mais pourtant un de ses mots semblera toujours indéfinissable; l'amour. Que dans ce monde, celui qui sait le définir à sa juste valeur, avec suffisamment de mots pour en expliquer et en ressentir tout le bien et toute la douleur, se lève devant moi et dresse bien haut le bras droit! Qu'il me prononce les paroles qui selon lui expliquerait tout et rendrait justice à ces petites taches d'encre de formes moulées, ces cinq petites alliées qui, se tenant ardemment par la main, reliées une à l'autre par une union puissante, indissociables, qui à elles seules forment le mot le plus puissant de cette Terre; amour. Car jamais, au grand jamais, aucun esprit humain n'aura la force supérieure que cela lui prendrait pour arriver à couvrir de noir les pages d'un manuscrit suffisamment volumineux pour accueillir tous les mots et les images nécessaires. L'homme a consacré des années et des siècles à comprendre, créer et expliquer des concepts aussi simples que la technologie et ont encore bien de la difficulté à comprendre et exploiter leurs sentiments, alors comment pourrait-il comprendre un phénomène, une force de la nature, aussi concret et abstrait à la fois que l'amour lui-même?
 
Car quels mots, quels termes, quelles expressions seraient suffisamment puissants pour nous faire ressentir la douceur et la chaleur d'une main qui, doucement caresse la peau de notre visage, centrant notre regard vers la personne aimée et chérie et nous protégeant contre le reste du monde? Comment pourrait-on expliquer la joie et la sécurité que nous offre cette chaleureuse, délicate mais à la fois ferme étreinte, notre taille ou notre nuque entourée de ces bras délicats, ou encore la tendresse d'un baiser chaleureux, sensuel et timide, des lèvres douces qui, délicatement, se frottent une à l'autre pour ne former qu'un tout? C'est la seule fois dans une vie qu'un plus un donne un, et, souhaitons le, toujours cette belle union entre deux êtres qui se chérissent mutuellement existera et se perpétuera. Mais pour qu'elle existe, elle doit être reconnue de tous, elle ne doit point disparaître du réel ou de l'imaginaire, c'est pourquoi, depuis toujours, nous nourrissons l'imaginaire et la pensée réelle du vivant de ces belles histoires à l'eau de rose, parfumée d'amour et de bonté et que nous tentons de rendre hommage à ce miracle de la vie, à cette chimie des émotions qui fait de nous la plus inerte des masses, nous donnant du c½ur au ventre et faisant fléchir nos jambes dont les os semblent brisés car ils ne semblent plus faire le poids pour nous soutenir.
 
Mais à quoi bon comprendre les mystères de ce désir fabuleux, de cette sensation miraculeusement agréable? Pourquoi chercher à associer cet effet d'aimant entre deux personnes à la science, à la psychologie ou à quelconque autre domaine? Pourquoi ne pas simplement savourer goutte après goutte les arômes et la texture de cet enivrant monde que l'amour? Également, pourquoi ne pas savourer toutes les formes de l'amour, de l'amour familial à l'amour de soi, de l'amour amical à l'amour d'un objet ou d'un animal qui nous est cher. Pour chaque personne de ce monde, une grande place de sa vie est consacrée uniquement à l'amour; il s'agit à tous et à chacun de découvrir sa propre façon d'apprivoiser l'amour et d'en faire une chose agréable et délectable. Mais surtout, n'oublions jamais la puissance et la valeur de ces mots, inexplicables, qui pourtant, font fondre n'importe quel c½ur, qu'il soit fait de pierre ou d'or; Je t'aime.
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#Posté le lundi 14 février 2011 20:16

Modifié le vendredi 18 février 2011 21:27

Courage et détermination; enlève moi ce lourd veston!

Petite fille, les poings fermés, acceptes que tu ne dois pas les resserrer, rien ne sert de se battre par le sang. Ne fais que lever les yeux, essuyer cette larme qui coule, traînant derrière elle nombre de souvenirs, car à elle seule, peu importe sa grosseur ou son poids, elle est le symbole de la défaite, que tu acceptes ton sort.
 
La pluie et le tonnerre s'abattent sans pitié sur ton veston de jeans, le délavant, l'imbibant, le salissant, tout comme ta vie aura toujours été salie par une pluie que tu ne pouvais éviter. Ta vie souillée, ton âme déchirée, tes souvenirs brûlés par une vie d'enfer....                  Petite fille, lève tes pieds de ce sol te gardant prisonnière, détache ces chaînes imaginaires qui retiennent fermement tes pieds ensemble à cet endroit dont tu ne bouges plus.                  Regarde-moi, je suis celle qui guidera quelques-uns de tes pas, lorsque ta démarche sera instable, le manque de pratique à marcher se faisant sentir.  Tu dois maintenant avancer, lever ce petit morceau de tissus branlant au bout d'une branche, lève le bien haut, brandit le dans les airs, il sera ta voix, ta force, ta voie et ta vigueur! Ne les regardes pas, ces gens qui sont la derrière toi, ils ne sont que nuisance. Lève ton drapeau bien haut, respire profondément, qu'on voit le petit nuage que forme l'air chaud de tes narines dans l'air froid de l'hiver. Cette évaporation témoigne de ta vie et de ton inflexibilité, accepte ce que tu pourrais avoir et non pas ce que tu as eu, deviens femme et repousse de la main et de tout ton corps ces obstacles qui te briment.
 
La peur, le silence et la solitude doivent dorénavant se dissiper pour laisser place à ce qu'on appelle la détermination et la parole. Prend ta place, elle est là, quelque part, prend le siège sur lequel tu seras vraiment bien. Tu verras, le métro est bien plus confortable que le trottoir.
 
                          Courage et détermination; enlève moi ce lourd veston!
 
Photo: Marie-Ève Rousseau
Article pour: Une grande amie que j'aime profondémment! 
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#Posté le lundi 07 février 2011 14:55

Modifié le lundi 07 février 2011 16:04

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